Quatrième de couverture

Cet ouvrage renouvelle la compréhension des enjeux et des modalités de la relation thérapeutique. L’implication affective, l’alliance de travail et la réflexion sur le lien en constituent les bases. Les alternatives (travail analytique ou travail émotionnel, par exemple) sont remplacées par des articulations : reconnaissance du transfert et communication affective, implication et distanciation. La pratique thérapeutique défendue n’est donc pas spécifique d’une école, elle se situe au carrefour de la philosophie éthique, de la psychanalyse freudienne et des thérapies psycho-corporelles. Ce livre, en fédérant ces ressources diverses, donne un statut autonome et une légitimité à la profession de psychothérapeute. ” Cet ouvrage témoigne d’une grande maturité ; il allie une réflexion nuancée à une expérience clinique évidente qui transparaît dans les descriptions de cas. Tout cela confère de l’originalité, de la force et de l’utilité à ce livre ” (Max Pagès, professeur émérite à l’université Paris 7).

Biographie de l’auteur

En terminale, Alain Delourme juge son prof de philo sympathique, mais il trouve cette discipline théorique, abstraite, ancienne. Il pense surtout qu’elle ne s’adapte pas assez aux gens. Puis il découvre quelques auteurs comme Robert Misrahi qui traite de la philosophie du bonheur de façon concrète. Il entreprend alors un doctorat de philosophie pour apprivoiser cette matière et œuvre actuellement dans le sens de l’ouverture de la philosophie pour le grand public.Quand Alain Delourme décide d’entreprendre une psychanalyse, son premier analyste le met à la porte sous prétexte qu’il n’était pas prêt. Puis il effectue un travail avec un autre praticien pendant plusieurs années. Au sortir de cette aventure, il s’estime plus conscient, mais toujours aussi malheureux. “La psychanalyse m’a permis de comprendre mes angoisses mais pas à m’en dégager”, expose-t-il. Il se lance alors dans des approches psycho-corporelles et émotionnelles… toujours sans succès. Il tombe alors sur un ouvrage de Jérôme Liss Free to Feel (en français : Débloquez vos émotions). Il entreprend alors un autre travail à la fois analytique et émotionnel, qui se solde enfin par un changement. Selon lui, il est impossible de faire l’économie de l’inconscient, des résistances, des mécanismes transférentiels mais la psychanalyse néglige le bonheur, l’épanouissement et nourrit une conception tragique de l’être humain : le psychanalyste n’aide pas le patient à se libérer de ses souffrances.

Alain Delourme conçoit une autre vision de la thérapie. Lors d’un travail psychique, le contact physique, la tendresse échangée et la communication émotionnelle, besoins humains fondamentaux, favoriseraient le travail de restauration. Il précise qu’il n’est possible de pratiquer le toucher en thérapie que lorsqu’on l’a soi-même expérimenté lors d’une démarche personnelle didactique. “Si on n’a pas été soi-même dans les bras d’un thérapeute en sanglots, griffé un coussin, comment le faire vivre à quelqu’un ?” Lors de ses expériences de la relation d’aide, Alain Delourme remarque la complexité de l’être et ses résistances face au changement positif. Certains patients veulent évoluer tout en ayant peur de bouleverser leur existence : “Aidez-moi, mais surtout que rien ne change”, entend-on de façon implicite ou explicite. Mystérieusement, le sujet est souvent attaché à ses habitudes de vie douloureuses. Pour que le sujet avance, il doit être prêt à prendre des risques, à se remettre en question. Une thérapie doit aboutir à un sentiment plein, vif, joyeux d’exister, le désir de partager ses joies et de jouir de la vie. Ne dites pas que vous ne croyez plus à rien ! —psychonet.fr